Le ministre des Ressources hydrauliques et de l’Électricité de la République démocratique du Congo, Aimé Sakombi Molendo, a reçu à Kinshasa son homologue de la République du Congo, Bruno Jean-Richard Itoua. Au centre de leurs échanges : l’interconnexion des réseaux électriques, la mobilisation des financements et l’avancement du projet hydroélectrique de Pioka-Tombe.
Un corridor énergétique pour l’Afrique centrale
La République démocratique du Congo (RDC) et la République du Congo entendent franchir une nouvelle étape dans leur coopération énergétique. À l’issue d’une rencontre de travail tenue à Kinshasa les 8 et 9 octobre 2026, les ministres Aimé Sakombi Molendo et Bruno Jean-Richard Itoua ont finalisé et paraphé le protocole d’accord relatif au projet de la « Boucle de l’Amitié énergétique ».
Cette initiative vise à établir une interconnexion durable entre Pointe-Noire, Brazzaville, Kinshasa et Inga, afin de renforcer la complémentarité des réseaux électriques, de faciliter les échanges d’énergie et de contribuer à la sécurité de l’approvisionnement électrique dans la sous-région.
Le protocole d’accord constitue une étape institutionnelle importante pour encadrer la poursuite du projet. Les deux parties ont notamment convenu d’actualiser les études de faisabilité, d’activer le mécanisme de suivi bilatéral et de rechercher les financements nécessaires auprès des partenaires internationaux et des investisseurs privés. L’association éventuelle de l’Angola à cette initiative régionale est également envisagée.
Pioka-Tombe, l’autre pilier de la coopération
Au-delà de la « Boucle de l’Amitié énergétique », les deux ministres ont également fait le point sur le projet hydroélectrique de Pioka-Tombe, situé sur le fleuve Congo, entre Kinshasa et Luozi, dans la province du Kongo Central.
Redynamisé par le protocole conclu entre les deux gouvernements le 26 février 2026, ce projet est présenté comme un levier majeur de l’intégration énergétique régionale. Il s’inscrit dans une vision visant à valoriser le potentiel hydroélectrique du fleuve Congo et à renforcer les capacités énergétiques de l’Afrique centrale.
Selon les déclarations du ministre Aimé Sakombi Molendo, le projet entre dans une phase opérationnelle marquée par la négociation du contrat relatif aux études de faisabilité avec le cabinet italien ELC.
Les prochaines étapes annoncées comprennent notamment la mise en place d’un comité technique paritaire et le lancement des activités conjointes de suivi. À terme, Pioka-Tombe ambitionne de devenir une infrastructure hydroélectrique majeure pour la région.
Une ambition commune, des défis à relever
Pour Kinshasa et Brazzaville, ces deux projets traduisent la volonté de faire de la coopération énergétique un instrument de développement économique et d’intégration régionale.
Leur concrétisation dépendra toutefois de plusieurs facteurs, notamment l’aboutissement des études techniques, la structuration financière, la mobilisation des investisseurs et la mise en place effective des mécanismes de coordination entre les deux États.
La finalisation du protocole de la « Boucle de l’Amitié énergétique » et l’avancement du dossier Pioka-Tombe ouvrent ainsi une nouvelle séquence de coopération entre les deux Congo. L’enjeu est désormais de transformer les engagements institutionnels en infrastructures opérationnelles, susceptibles d’améliorer durablement l’accès à l’électricité et de soutenir les activités économiques.
À travers cette démarche, Aimé Sakombi Molendo et Bruno Jean-Richard Itoua réaffirment la volonté de leurs gouvernements de coordonner leurs efforts pour mieux valoriser les ressources énergétiques communes et renforcer les échanges électriques en Afrique centrale.
La rédaction

