Par Reagan Emomo, licencié en sciences politiques de l’Université pédagogique nationale
La province de la Mongala souffre dans un silence presque assourdissant. De Lisala à Bumba, en passant par Bongandanga, les populations font face à des difficultés quotidiennes qui freinent leur développement et compromettent leur avenir.
L’état des infrastructures demeure l’une des principales préoccupations de la population. Les routes sont largement impraticables, les hôpitaux manquent d’équipements adéquats, plusieurs écoles fonctionnent dans des conditions précaires et l’accès à l’eau potable ainsi qu’à l’électricité reste très limité dans de nombreuses localités.
Face à cette situation, les consultations provinciales annoncées par le Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, représentent une occasion importante pour les habitants de la Mongala de faire entendre leur voix et de porter directement leurs préoccupations auprès des autorités nationales.
Parmi les priorités à défendre, une se distingue clairement : l’asphaltage de la Route Nationale n°6 et la lutte contre l’érosion qui menace les infrastructures urbaines. Cette route constitue un axe vital pour l’économie de la province. Son état de dégradation avancée empêche les agriculteurs d’acheminer leurs récoltes vers les centres de consommation.
Chaque année, des tonnes de manioc, de riz, de maïs, d’arachides et d’autres produits agricoles se détériorent dans les villages faute de moyens d’évacuation. Dans le même temps, les prix des denrées alimentaires augmentent sur les marchés locaux en raison des difficultés de transport. Les trajets entre Lisala et Bumba, ou encore entre Lisala et Akula via Binga, sont devenus particulièrement éprouvants pour les voyageurs comme pour les commerçants.
La Mongala possède pourtant un potentiel agricole considérable capable de contribuer davantage à la sécurité alimentaire nationale. Mais sans routes praticables, les efforts des producteurs restent limités et les opportunités de développement économique continuent de s’éloigner.
Au-delà des infrastructures, la population exprime également son aspiration à une gouvernance plus stable et plus efficace, capable de répondre durablement aux besoins des citoyens et de garantir une meilleure gestion des ressources publiques.
Les consultations en cours doivent donc permettre à toutes les forces vives de la province — autorités coutumières, organisations de la société civile, associations de jeunes et acteurs économiques — de parler d’une seule voix. L’objectif est de formuler un cahier des charges clair contenant les priorités essentielles de la Mongala afin que celles-ci soient effectivement prises en compte dans les politiques publiques nationales.
La Mongala ne réclame pas des privilèges. Elle demande simplement les infrastructures et les investissements nécessaires pour valoriser ses richesses, soutenir ses agriculteurs et offrir de meilleures perspectives à sa population.
L’heure est venue de placer la Mongala sur la voie du développement.
Reagan Emomo
Licencié en sciences politiques de l’Université pédagogique nationale
